Bon, vous commencez à connaître l'esprit Badfox : bonnes ondes, on souffle un grand coup, on décontracte les épaules et les muscles du visage, on s'met un peu de musique sur l'enceinte ou dans la voiture, on enfile ses plus belles lunettes de soleil et on garde le sourire peu importe ce qui se passe. Parce que c'est pas votre télé ou les informations qui vont s'en occuper !
Fallait que je vous dise un truc, j'ai roulé bien quelques centaines de kilomètres avec l'indicateur de température de liquide de refroidissement au milieu de l'indicateur tout en me convaincant que j'étais dans la moyenne de température (donc entre 70 et 90°C, comme mes autres voitures) j'ai du chauffage à l'avant, toujours pas à l'arrière, tout roule. Mais je remarque quelque chose dernièrement : dès que le moteur s'arrête, j'entends des bulles dans le bocal de liquide de refroidissement. Les plus aguerris auront déjà trouvé la raison du pourquoi du comment ; mais je vous tease encore un peu.
Donc, des ... bulles dès que je coupe le contact, au début des petites, et maintenant des grosses bubulles. Aucun souci, je n'ai pas de liquide de refroidissement qui dégueule jusqu'à présent, tout se passe bien. Peut-être le bouchon du radiateur, taré à 0.9 bar, qui commence à ne plus tenir la pression du circuit.
Et un jour d'hiver, alors qu'on roule tranquillement à 3 kilomètres de la maison, j'entends un "Pchhhhiiiiit" dans l'habitacle, avec d'un coup une brume de liquide de refroidissement chaud bouillant qui me coule sur les pieds, dans tous les diffuseurs d'air, sur le pare-brise... Je coupe le contact, je regarde sous le bloc de ventilation pour m'apercevoir qu'une durite à complétement explosé ! Et que ça coule, vite, fort. Je me dépêche alors d'ouvrir le capot, d'ouvrir doucement à l'aide d'un chiffon le bouchon de radiateur, pour faire chuter la pression du circuit sans me brûler. On rentre un peu en catastrophe, vous vous doutez bien ! La moquette est complètement trempée, la voiture est en surchauffe complète sur le peu de kilomètres qui me séparent de la maison. Je décide d'attendre le lendemain pour voir un peu les dégâts.
La moquette est complètement imbibée comme dit juste au dessus, et ce n'est pas un liquide qui va sécher au soleil. Déjà qu'on est en plein hiver, ça ne va pas nous aider.
Et commence alors le premier démontage complet de la voiture ; on fait tomber les sièges avant, la banquette arrière, la console centrale, les baguettes de moquettes en plastique, la face avant du boitier de ventilation. En soi ça tient en 3 lignes mais on a mis quelques jours à tout enlever quand même !

Je déconnecte les tirettes qui commandent le boitier de ventilation, le taux de chauffage, la prise d'air intérieure / extérieure. Et là je peux voir la fuite du début : le radiateur de chauffage possède un tuyau en caoutchouc, avec un collier qui pince très finement ledit tuyau entre 2 tuyaux de cuivre. Pas de rouille, le cuivre est en excellent état. Parfait. Je galère un peu à remettre un tuyau en caoutchouc correctement et j'en profite pour changer le collier pour un collier à vis, plus sécurisé car il appuie sur une surface beaucoup plus large.
On sort enfin la moquette après avoir déposé les trois quarts de l'intérieur de la voiture, et lors d'un rayon de soleil et une température plutôt moyenne, je passe un coup de karcher sur tout le tissu. Le gris délavé se montre, on aperçoit des traces de rouille laissées par les vis et quelques petites pièces, mais la vieillesse à fait son travail en 30 années (et j'ai 29 ans, je sais de quoi je parle !! )
Après un passage au soleil pour sécher, on se décide alors à teinter la moquette d'un bleu nuit / bleu foncé, afin de se rapprocher d'une finition qui était sortie sur une autre déclinaison de Pajeros. C'est une teinture pour textile disponible sur Amazon, et avec 2 ou 3 bouteilles on a pu tout faire. Voici le résultat :

(ça rend mieux en vrai, promis)
Une fois sèche, on s'attaque au remontage de tout ce qui était déposé ! Quelques jours de travail, avec pour seule alimentation de la Corona et la Monster White, et "nous y est" l'intérieur est remonté, propre, sans trace du drame survenu, avec le sourire évidemment.
Je tourne la clé, je n'ai aucune fuite à l'endroit où c'était arrivé, j'ai du chauffage... mais l'aiguille continue de monter. Je continue à nier le problème du début (les bulles) et je me garde le 4x4 pour les petits trajets vers la déchetterie, à une dizaine de kilomètres. Et là j'enchaîne fuite après fuite sur les durites de refroidissement, qui me lâchent une par une à cause de la température. Et c'est une galère à changer ! Pour les maintenir dans un angle droit par exemple, il faut un ressort de cintrage pour cuivre, le plonger dans l'eau bouillante puis les tremper dans un bol d'eau glacée. le choc thermique plie les tuyaux sans faire de "plis" qui pourraient engendrer d'autres problèmes, comme si j'en avais pas assez. Je me retrouve aussi à la déchetterie avec le radiateur complètement vide (j'ai remis 4 litres) car tout a fuité. Et le liquide que je remet dans le radiateur commence à se barrer dans le bocal de trop-plein, là où j'avais des bulles, jusqu'à partir par le tuyau de sécurité... à l'extérieur.
Le diagnostic me frappe enfin, en plein front après ces quelques mois :
J'ai le joint de culasse qui a lâché, et de l'air vient pressuriser le circuit. C'est pour ça que j'ai des bulles dans le circuit, que les durites lâchent les unes après les autres. Après, pour des durites de 30 ans... Elles ont eu le temps de vivre leur vie ! Je les remplacerai comme il se doit.

Et c'est ma faute de pas avoir vu le souci en premier lieu, la barre d'indication de température était beaucoup trop haute dès le début ; elle devait rester en bas, sur le trait, et pas au milieu de l'indicateur (contre-intuitif quoi)
Les copains contactés confirment.
Le garagiste confirme.
Je fais quelques estimations.
Ca va peut-être faire mal.